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 [Livre] Aristote, d'Orient en Occident

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DuGuesclin



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MessageSujet: [Livre] Aristote, d'Orient en Occident   Jeu 20 Mar - 23:45


Début de la Métaphysique d'Aristote
Aristote, corpus comprenant en particulier la Métaphysique, livres I-XIII. Manuscrit sur parchemin

Ce manuscrit est un des plus anciens d'Aristote connus. Constitué à l'origine de deux volumes distincts datant du milieu du Xe siècle - l'un contenant les traités de physique et le De anima, le second, les petits traités d'histoire naturelle et la Métaphysique -, il fut complété au XIVe siècle par les traités d'histoire naturelle et de morale. Ce manuscrit s'écarte de la tradition courante, d'où son intérêt pour les spécialistes qui, au cours des siècles, l'ont abondamment enrichi de scholies marginales et de notes interlinéaires.

Philosophe grec né au IVe siècle av. J.-C., Aristote élabore un système philosophique qui s'appuie sur l'observation des réalités cosmiques et des données de la conscience. Fondatrice de la science et de la logique, son œuvre sera un ferment intellectuel exceptionnel pour les pensées grecque, syriaque, arabe, juive et chrétienne qui l'ont traduit, commenté et transmis jusqu'à nos jours. Dans l'Antiquité grecque tardive, Aristote est déjà tenu pour le maître des études scientifiques et celui de la dialectique et de l'argumentation. Double rôle que le philosophe joue dans le grand centre intellectuel d'Alexandrie. C'est d'ailleurs ainsi qu'il apparaît à ses premiers traducteurs et commentateurs syriaques puis arabes. L'Occident chrétien découvre Aristote au XIIe siècle, avec la science gréco-arabe. L'assimilation de ces nouveaux savoirs prendra un siècle et bouleversera l'enseignement.


Dernière édition par DuGuesclin le Jeu 20 Mar - 23:49, édité 1 fois
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DuGuesclin



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MessageSujet: Re: [Livre] Aristote, d'Orient en Occident   Jeu 20 Mar - 23:45


Aristote et Porphyre en syriaque
Tableaux synoptiques en syriaque se rapportant à l'Isagogè de Porphyre et à la Logique d'Aristote. Probablement seconde moitié du VIIe siècle. Copié en 1637 par Abraham Ecchellensis, d'après un manuscrit de la bibliothèque du Vatican

Ce manuscrit contient un corpus de textes logiques servant d'introduction aux études philosophiques. Les Divisions de l'Isagogè de Porphyre sont constituées d'une suite de tableaux, dont chacun présente quelques-unes des notions essentielles de la logique et de la sémantique, empruntés aux ouvrages de Porphyre et d'Aristote. Elles ont leur source dans une tradition savante dont l'origine se trouve, pour la plus large part, dans les commentaires grecs néoplatoniciens de l'Antiquité tardive. La méthode d'analyse par division appartient à la tradition scolaire de l'enseignement philosophique.

Aux Ve et VIe siècles, les philosophes grecs néoplatoniciens ont transformé l'œuvre logique d'Aristote – appelée l'Organon – par leurs commentaires. Pour eux, l'étude d'Aristote est un préalable à celle de Platon. Leur enseignement est organisé selon un cursus qui place l'Organon au début des études philosophiques. C'est cet Aristote logicien qui prévaut dans les transcriptions des érudits syriaques, faites dans les monastères de Syrie ou de Mésopotamie entre le VIe et le VIIIe siècle. L'apprentissage préliminaire de la logique aristotélicienne – méthode de tout-savoir – deviendra un trait dominant de toute étude philosophique dans la culture médiévale arabe aussi bien que latine. À partir des œuvres d'Aristote traduites en syriaque, il s'est donc formé un corpus de logique fournissant des propositions et des arguments qui fondent les théories scientifiques.
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MessageSujet: Re: [Livre] Aristote, d'Orient en Occident   Jeu 20 Mar - 23:46


Traduction arabe d'Aristote
Aristote, Organon, Rhétorique et Poétique, traductions arabes, IXe-Xe siècle. Copié en 1027. Fin de la 2e partie des Topiques, traduits par Abû 'Uthmân al-Dimashqî

Ce manuscrit contient la copie d'une "édition" de l'Organon d'Aristote, réalisée par le médecin et philosophe al-Hasan b. Suwar (mort en 1017), qui elle-même remonte à une "édition" réalisée par Ishâq b. Hunayn, traducteur de certains traités. Produit d'une tradition d'étude de la logique dans les milieux chrétiens de Bagdad, au cours des IXe et Xe siècles, l'abondante annotation marginale contient des extraits d'autres traductions arabes (qui proviennent le plus souvent de traductions syriaques) ou des fragments de commentaires arabes, destinés à éclairer le sens de passages faisant difficulté.


Après la conquête du pouvoir islamique par les Abbassides (749), le mouvement de traduction de textes grecs en syriaque et en arabe s'accélère et s'amplifie, encouragé par les califes eux-mêmes. Tous les grands textes scientifiques sont dès lors traduits, le plus souvent par des chrétiens de langue maternelle syriaque, vivant dans le monde islamique, connaissant bien l'arabe et ayant en outre appris le grec. Dans ce vaste mouvement de traduction et d'assimilation du savoir grec, la place d'Aristote reste prééminente : l'ensemble des œuvres logiques, physiques, métaphysiques, éthiques (à l'exception de la Politique) est désormais accessible en arabe. À partir du IXe siècle, la classification aristotélicienne des disciplines scientifiques devient le support des classifications arabes, et donc celui qui donne à comprendre comment s'organise le système du savoir.
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MessageSujet: Re: [Livre] Aristote, d'Orient en Occident   Jeu 20 Mar - 23:46


al-Fârâbî traduit en latin (Alfarabius) par Gérard de Crémone
Abu Nasr al-Fârâbî, Ihsâ' al-'ulûm (l'Énumération des sciences). Traduction par Gérard de Crémone, dans un recueil copié au XIIIe siècle.

C'est à Tolède, dans la seconde moitié du XIIe siècle, que Dominique Gondisalvi, Marc de Tolède et Gérard de Crémone (1114-1187) traduisent en latin de nombreux ouvrages arabes scientifiques et philosophiques. Ce manuscrit, l'un des plus importants des traductions de Gérard de Crémone, comprend l'Énumération des sciences d'al-Fârâbî ainsi que des ouvrages de géométrie.


Auteur d'une introduction à la philosophie de Platon et à celle d'Aristote, le philosophe al-Fârâbî (875-950) – que la tradition arabe qualifie de "Second Maître" – impose au Xe siècle une lecture harmonisante des deux philosophes. Son interprétation marquera toute la tradition philosophique ultérieure, latine comprise. Au siècle suivant, Avicenne (980-1037) touche à toutes les disciplines du corpus aristotélicien en les reformulant dans plusieurs sommes encyclopédiques. L'auteur y traite de logique, de philosophie naturelle, de mathématiques, de métaphysique, enrichissant l'œuvre d'Aristote de tous les développements qu'elle avait connus, tant chez les commentateurs grecs que chez ses prédécesseurs de langue arabe. L'importation de la philosophie et des sciences grecques dans la pensée arabe ne s'est pas faite sans résistances, notamment à la thèse fondamentale d'Aristote sur l'éternité du monde.
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MessageSujet: Re: [Livre] Aristote, d'Orient en Occident   Jeu 20 Mar - 23:47


Traduction latine d'Aristote commenté par Averroès
Aristote, Traité sur l'âme, avec le commentaire d'Averroès. Manuscrit sur parchemin. Paris, début du XIVe siècle

"Commentateur" par excellence des œuvres d'Aristote, Averroès (1126-1198), philosophe arabe, fut un relais essentiel de la transmission de la pensée du Stagirite en Occident. Traduits de l'arabe en latin par Michel Scot à la cour de l'empereur Frédéric II de Hohenstaufen, roi de Sicile, aux alentours de 1230, ses commentaires sont d'abord accueillis avec sympathie par les scolastiques latins parisiens avant d'être condamnés par l'église en 1270.
Écrit d'une seule coulée sur les colonnes centrales, le commentaire semble privilégié par rapport au texte principal, lequel est reporté sur les colonnes extérieures et traité comme une illustration. Ce rapport entre le texte et le commentaire montre que l'opinion d'Averroès est plus importante que celle d'Aristote.



"Plût à Dieu qu'il se rencontrât quelqu'un qui voulût commenter les livres d'Aristote et en expliquer clairement le sens, pour les rendre accessibles aux hommes !" Abu Ya'qub Yusuf, le souverain almohade lui-même, aurait souhaité qu'Averroès (1126-1198), alors cadi de la grande mosquée de Cordoue et premier médecin à la cour, commentât Aristote. Ainsi Averroès est-il devenu "le" commentateur d'Aristote et son plus grand défenseur, avec trois sortes de commentaires : de brefs résumés de la doctrine du philosophe, des paraphrases, enfin des gloses où le texte original est cité puis explicité. Il cherche à retrouver la véritable doctrine d'Aristote, rejetant toutes les interprétations néoplatoniciennes. Averroès interprète Aristote autant qu'il l'explique, justifiant ses thèses, reformulant ses démonstrations et ses arguments. Cette tournure didactique sera léguée aux commentateurs latins et suscitera nombre de débats à Paris au siècle suivant.
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MessageSujet: Re: [Livre] Aristote, d'Orient en Occident   Jeu 20 Mar - 23:47


Transcription hébraïque d'Averroès
Ibn Rushd (dit Averroès), Talkhîs kitâb al-nafs (Commentaire moyen sur le Traité de l'âme d'Aristote), Copie reproduisant le texte arabe en caractères hébreux, Saragosse, 1402.

Cette belle copie aragonaise des Commentaires d'Averroès (1126-1198) sur Aristote (De la génération et de la corruption, Des météores, De l'âme et Du sens et du sensible) fut exécutée pour Don Judah ben Salomon ibn Lavi de la Cavalleria, ministre de trois rois et fin lettré, qui accueillait poètes, philosophes et érudits dans sa demeure, où ils profitaient d'une riche bibliothèque.


Cordoue joue au XIIe siècle le rôle de Bagdad au IXe siècle. Des livres et des traductions, en sciences et en philosophie, arrivent à Cordoue comme auparavant les savoirs grecs à Bagdad. Des savants de toutes confessions y traduisent les textes grecs et syriaques en arabe, mais aussi en hébreu.
Pour le grand philosophe juif Maimonide, contemporain d'Averroès, "on peut se dispenser des écrits de Platon, car ceux d'Aristote suffisent […] Les œuvres d'Aristote sont les racines et les fondements de toute œuvre scientifique. Mais elles ne peuvent être comprises sans l'aide de commentaires, ceux d'Alexandre d'Aphrodise, de Thémistius, et ceux d'Averroès."
Ainsi l'œuvre d'Averroès est-elle à son tour traduite en hébreu et bientôt en latin.
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MessageSujet: Re: [Livre] Aristote, d'Orient en Occident   Jeu 20 Mar - 23:48


Trois traductions latines de la Physique d'Aristote
Livre III, "Puisque la nature est principe de mouvement..." Paris, troisième quart du XIIIe siècle

Ce rarissime manuscrit présente côte à côte trois traductions latines de la Physique d'Aristote ; l'une établie à partir du texte grec (Jacques de Venise, XIIe siècle, à gauche) ; les deux autres à partir d'une traduction arabe du texte grec (Gérard de Grémone, au centre ; Michel Scot, vers 1220-1235 à droite).


À partir du XIIe siècle, des traductions latines d'Aristote sont réalisées en Espagne à partir de l'arabe ou du grec, notamment à Tolède par Gérard de Crémone (mort en 1187). Ainsi l'Occident chrétien découvre-t-il les traités scientifiques grecs et arabes et la totalité de l'œuvre logique d'Aristote qui sera enseignée à l'université de Paris dès son ouverture en 1215. Mais sa Physique et sa Métaphysique, commentées par les scolastiques, suscitent de violentes controverses théologiques relatives à l'éternité du monde, à la Providence, à la liberté de Dieu.
C'est à travers le Grand Commentaire d'Averroès (1126-1198), traduit de l'arabe en latin, que les thèses d'Aristote sont débattues en Occident. Expurgeant les gloses néoplatoniciennes, Averroès expose dans son propre commentaire sa théorie de l'unité de l'intelligence dans l'espèce humaine, que l'Église condamnera en 1270.
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MessageSujet: Re: [Livre] Aristote, d'Orient en Occident   Jeu 20 Mar - 23:48


Début de L'Organon d'Aristote
Corpus comprenant Porphyre, Isagoge (texte glosé par Godefroid de Fontaines) et Aristote, L'Organon avec commentaires.

L'œuvre logique d'Aristote (384-322 avant J.-C.) fut la première à entrer officiellement à l'Université de Paris (1215). Connue sous le nom traditionnel d'Organon, c'est-à-dire "instrument" méthodologique du savoir, elle comportait, au Moyen Âge, six traités et débutait par l'Isagoge de Porphyre. Aux notions relatives aux catégories et aux propositions (Logica verus, "corpus ancien de logique"), connues dès le haut Moyen Âge au travers de l'œuvre de Boèce, s'ajoutèrent à partir du milieu du XIIe siècle, celles relatives aux syllogismes et à la méthode inductive, notion essentielle pour toute méthode expérimentale (Logica nova, "corpus récent de logique"). Une fièvre de gloses et de commentaires en accompagna, au XIIIe siècle, l'enseignement, comme en témoigne ce précieux manuscrit, glosé de la main même de Godefroid de Fontaines, maître régent de la Faculté de théologie à Paris (1285-1301), qui, à sa mort (1306) le légua au collège de Sorbonne. En 1338, le volume était "enchaîné" dans la Grande Librairie du collège.


La première réaction des autorités religieuses intervint dès 1210, interdisant "sous peine d'excommunication" la lecture des "livres naturels d'Aristote ainsi que de ses commentaires". L'Aristote logicien ne fait pas difficulté, mais le physicien est vivement critiqué pour avoir érigé en dogme l'éternité du monde et soutenu l'unicité de l'Intellect.
Tout au long du Moyen Âge, Aristote est critiqué sans cesse sur tel ou tel point de doctrine. Mais au milieu du XIIIe siècle, Albert le Grand (1206-1280) entreprend une synthèse complète des sciences et de la philosophie, sur la base de l'œuvre d'Aristote commentée par Averroès. Dès lors, la référence à Aristote et au Commentateur sera constante, liant l'un à l'autre étroitement. Thomas d'Aquin (1225-1274), dont l'œuvre couvre l'ensemble des savoirs et des genres littéraires médiévaux, concilie philosophie aristotélicienne et foi révélée des Écritures.
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MessageSujet: Re: [Livre] Aristote, d'Orient en Occident   Jeu 20 Mar - 23:49


Manuscrit anglais de la Métaphysique d'Aristote
Metaphysica, traduction latine dite translatio nova ("traduction nouvelle"), à partir du grec. Angleterre, premier quart du XIVe siècle

Partie centrale de la Métaphysique, la "théologie" aristotélicienne - science de l'être autonome et immuable - fonde l'existence d'un être éternel, "unique objet de sa propre pensée". Commentée par les scolastiques, saint Thomas d'Aquin en particulier, cette difficile conception de la conscience divine sera le point de départ de graves controverses théologiques relatives à l'éternité du monde, à la Providence, et à la liberté de Dieu


Quelle extraordinaire épopée intellectuelle que celle d'Aristote dont l'influence n'a cessé de se renouveler sur le pourtour de la Méditerranée médiévale ! Commenté dans l'école néoplatonicienne d'Athènes, puis dans celle d'Alexandrie, le plus grand centre scientifique de l'Antiquité tardive, reçu de là successivement dans les écoles monastiques syriaques, puis dans les centres culturels arabes, tels Bagdad, Tolède ou Cordoue, Aristote est parvenu sur les bords de la Seine, dans la capitale intellectuelle de l'Occident latin au XIIIe siècle, enrichi de lectures multiples et transformé au long de ses voyages. Mais Aristote représente toujours et partout l'idéal du savoir encyclopédique, le garant de toute connaissance scientifique. Influence qui d'ailleurs ne s'achèvera pas avec le Moyen Âge : jamais, en effet, Aristote n'aura été autant commenté qu'au XVIe siècle.
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